Le syndrome du voyageur

Touristes_sur_le_port_de_l_ile_de_sein_2005

C’est bon, les billets d’avions sont réservés, le séjour est payé, le départ est dans un mois direction Buenos Aires pour prendre des cours d’espagnol, ne reste que la valise à faire et roulez jeunesse !

Oui mais seulement voilà, petite ombre au tableau, j’ai peur du syndrome du voyageur. Le truc c’est que ce voyage je l’attends depuis des mois, et il est prévu depuis des années. Ainsi je me suis fait des idées, j’ai imaginé mon séjour 1000 fois et bien sûr dans mon imaginaire tout va pour le mieux : je vais rencontrer des milliers de gens sympatoches, danser le tango dans la rue avec un bel étalon Argentin, manger des empanadas à chaque coin de rue…

Et si j’imaginais trop ? Si j’avais trop d’attentes ? Car  le dépaysement tant recherché peut aussi faire tourner mon séjour linguistique au cauchemar, ce que l’on appelle le syndrome du voyageur.

Le syndrome du voyageur a pour origine la déception, la désillusion. Et si personne dans la rue ne dansait le tango ?! Ainsi pour certaines personnes, le pays visité est loin de correspondre à l’image qu’il s’en été faite et peuvent s’en suivre des crises d’angoisse, des hallucinations, un sentiment de solitude et même de persécution, voire hospitalisation et rapatriement. Si si, tout ça.

On l’appelle aussi le syndrome de Paris, surtout à cause des Japonais (principales victimes…). Ainsi leur image fantasmée de la ville de l’amour, habitée par des personnes cordiales, polies, propres et organisées se confronte à la réalité. Paris c’est bruyant, sale, les Parisiens font la gueule et il fait moche. Bref, il est loin de Pars d’Amélie Poulain. Le fossé culturel avec le Japon est énorme.

Enfin, ce n’est pas notre faute si les Japonais idéalisent tant que ça notre douce France ! Car oui, les Français expriment leurs opinions ouvertement, interrompent leurs interlocuteurs…. Des manières de faire impensables au Japon. Les femmes supportent donc mal l’attitude un peu trop latine et extravertie de certaines Françaises… Ainsi de 1988 à 2004, 63 patients ont été hospitalisés dans le service du Docteur Ota, psychiatre du centre hospitalier Sainte-Anne à Paris et auteur d’un ouvrage paru en 1991 sur le « syndrome de paris  ».

Bref, autant réfléchir à deux fois avant de faire des plans sur la comète !